Consolidation : quelles implications concrètes ?

Dans notre premier article, nous avons vu à quel moment la consolidation devient un sujet.

Une fois ce point établi, la question suivante est simple : qu’est-ce que cela implique concrètement pour un groupe ?

La consolidation n’est pas une simple addition de comptes. Elle vise à présenter plusieurs sociétés comme un seul ensemble économique. Concrètement, il faut d’abord définir le bon périmètre, puis collecter et harmoniser l’information financière, avant d’éliminer les opérations internes au groupe.

La consolidation en pratique : 5 étapes

  1. Définir le périmètre
    Identifier les entités à prendre en compte et à partir de quand
  2. Collecter l’information financière
    Rassembler les comptes et données utiles de chaque entité.
  3. Harmoniser l’information financière
    Aligner les règles comptables, les dates et, si besoin, la devise.
  4. Éliminer les opérations intragroupe
    Supprimer les flux et soldes internes au groupe.
  5. Produire une vision groupe cohérente
    Présenter le groupe comme un seul ensemble économique.

Définir le périmètre

Le processus commence par une question simple : quelles sont les entités à intégrer en consolidation ?

En pratique, une entité est intégrée en consolidation à partir du moment où le groupe en obtient le contrôle. À l’inverse, elle sort du périmètre lorsque ce contrôle cesse. Ce point est particulièrement important en cas de variation de périmètre en cours d’année. La date à laquelle le contrôle commence ou cesse a un impact direct sur le traitement en consolidation.

Toutes les entités liées au groupe ne seront pas nécessairement intégrées de la même façon selon la forme de contrôle exercé par le groupe sur celles-ci.

Collecter l’information financière

La consolidation repose sur les comptes et les informations financières transmis par les différentes sociétés du groupe.

Cela suppose de disposer de données fiables, disponibles à temps, et présentées dans un format exploitable. Dans les groupes les plus structurés, cette remontée d’information peut s’appuyer sur une liasse de consolidation, des instructions groupe ou un manuel de consolidation.

La consolidation ne remplace pas la qualité de la comptabilité locale. Elle s’appuie dessus.

Harmoniser l’information financière

Une fois les données collectées, il faut s’assurer qu’elles soient comparables et additionnables au niveau du groupe.

Cela suppose d’aligner les traitements comptables appliqués par les différentes sociétés avec les politiques comptables retenues au niveau groupe. En pratique, les déviations matérielles entre les traitements locaux et les règles groupe doivent être retraitées afin qu’une même opération soit traitée de manière uniforme dans l’ensemble du groupe.

La date d’arrêté des comptes consolidés coïncide bien souvent avec la date de clôture de la société mère. Dès lors, il convient de s’assurer que l’information produite par les sociétés du groupe soit alignée sur cette date. À défaut, l’établissement d’une situation intermédiaire à la date de clôture du groupe peut être nécessaire.

Enfin, pour pouvoir être additionnés, les comptes de l’ensemble des sociétés intégrées en consolidation doivent être exprimés dans la devise de présentation du groupe. Si certaines sociétés tiennent leurs comptes dans une autre devise, une conversion monétaire peut être nécessaire avant leur intégration en consolidation.

Éliminer les opérations intragroupe

C’est souvent le point le plus parlant pour comprendre la logique de la consolidation.

Si une société vend à une autre société du groupe, ce flux existe dans les comptes individuels, mais il ne crée pas de richesse au niveau du groupe dans son ensemble. Même logique pour une créance chez l’une et une dette chez l’autre : à l’échelle du groupe, ces deux montants se compensent.

La consolidation consiste donc à éliminer les opérations internes au groupe pour ne conserver que ce qui reflète la relation avec l’extérieur. Cela concerne notamment :

  • les créances et dettes intragroupe ;
  • les ventes et achats internes ;
  • et, plus largement, toute autre opération ou effet interne à neutraliser pour donner une image fidèle du groupe.

Produire une vision groupe cohérente

Une fois le périmètre défini, les données collectées, harmonisées et nettoyées des flux internes, le groupe peut être présenté comme un ensemble cohérent.

C’est toute la logique de la consolidation : passer d’une lecture société par société à une lecture au niveau du groupe.

Dit autrement, la consolidation vise à donner une vision d’ensemble de l’activité et de la situation financière du groupe, comme s’il s’agissait d’une entité économique unique.

Conclusion

La consolidation demande une organisation claire, une méthodologie définie et des données de qualité.

En pratique, le sujet peut vite devenir technique, surtout lors d’une première mise en place.

Un accompagnement par un expert permet alors de sécuriser le processus.

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Cet article a été coécrit avec B&R Consulting